Le fantasme de la grenouille # Autopsie

C’est une photographie qui a beaucoup interpellé les spectateurs, peu habitués à ce genre d’images venant de moi. Il faut dire qu’au premier regard c’est une scène de masturbation du pire effet qui soit. Je ne l’ai présentée qu’une fois, au cours de l’exposition « Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la photographie », à Nîmes en décembre 2009.

En voici le décryptage.

Monsieur de la Grenouille est un ami. Performer du sud de la France, il est notamment présent sur mon oeuvre intitulée « Le Fil » (voir ici), un tirage sur canvas de 15 mètres de long présenté au Musée Balaguier de la Seyne-sur-Mer, en collaboration avec le Musée de la marine de Toulon, dans le cadre des célébrations de l’année Vauban.

Pour en revenir au « Fantasme de la Grenouille », le décryptage est à peu près le même que dans tout mon travail. La première image n’est jamais la bonne. Ici c’est une personne, déguisée en grenouille, qui se masturbe au milieu d’une quantité astronomique de revues, choisies parmi les plus trash. Un rouleau de papier hygiénique blanc (pour attirer le regard) complète la peu attrayante scène, en finissant la photographie comme une « virgule ».

Napoléon Bonaparte

Pourtant, en approfondissant l’image, on se rend compte que la grenouille lit un livre intitulé « Le soleil noir de la puissance« , de Dominique de Villepin, qui traite de l’histoire de Napoléon Ier. Rajoutons que la photographie a été réalisée au moment où son auteur était Premier ministre (il est évident qu’aujourd’hui je choisirais un autre auteur, car la satire devient moindre). La grenouille devient dont une allégorie du Peuple français (les Américains ne nous surnomment-ils pas « Froggies »), qui se « masturbe » encore sur sa gloire passée, sans s’intéresser au réel actuel, fut-il tragique (dalles disjointes, poussières, revues trash à même le sol).

Le faux et le vrai

De la même manière, comme dans la plupart de mes codifications, on trouvera le « faux » dans la lumière et « le vrai » dans l’obscurité, en traçant une ligne de démarcation. Pour ce qui concerne la construction géométrique, si l’on trace une ligne autour de la boule rouge (qui équilibre couleurs et masses), du livre et du ventre rond de la grenouille, le dessin est sans équivoque. Quand pourtant, le phallus que tient le modèle n’est qu’un artefact de caoutchouc. Aussi fausse que la représentation sur la revue ouverte à ses pieds qui lui fait écho…

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